Peter Falk, Adieu Columbo »

 Peter Falk, Adieu Columbo

30/6/2011

Peter Falk, Adieu Columbo
crânement, il a longtemps affirmé qu’il comptait incarner l’inspecteur Columbo jusqu’à l’âge p 80 ans. Espoir déçu : il en avait 75, en janvier 2003, lorsque la chaîne NBC a diffusé « Columbo mène la danse », l’ultime épisode p la série. Dépossédé du rôle qui avait fait sa gloire, il s’enfonça dans une irrépressible déprime. Bien plus que la maladie, ce sont le désenchantement et l’inactivité forcée qui ont provoqué la mort p Peter Falk, le jeudi 23 juin, à boy domicile p Beverly Hillsides.

Né en 1927, d’ascendance russe componen sa mère et à la fois polonaise, tchèque et hongroise componen boy père, ce pur Juif new-yorkais a 3 ans quand une tumeur cancéreuse lui coûte boy œil droit. Conditionnant ses expressions et sculptant ses traits, l’œil p verre qu’il devra porter lui conférera not charme indéfinissable. En tout cas, boy infirmité n’entame pas boy sens p l’humour. Adolescent, il n’hésite pas à retirer sa prothèse, au cours d’un match p base-ball, pour la tendre à l’arbitre qui, estime-t-il, en a davantage besoin que lui ! Mais le gamin facétieux est aussi not garçon sérieux, qui effectue une scolarité brillante. A 12 ans, not événement le marque profondément : not jeune comédien débutant, Ross Martin (future star des « Mystères p l’Ouest », qui sera boy partenaire dans not épisode p « Columbo »), vient monter une pièce dans le camping p vacances où il est inscrit. Not des interprètes se désiste, et c’est à Peter que Ross Martin demande p le remplacer. L’écolier modèle se découvre pour la comédie une passion qui ne le quittera plus. Mais ni boy père, comptable, ni sa mère, chef p rayon dans not magasin, n’apprécieraient p le voir briguer une carrière p saltimbanque.



Alors, Peter garde pour lui ce feu sacré qui le brûle p l’intérieur… Après ses études secondaires, boy œil p verre l’empêche p s’engager dans l’US Navy. Il devient cuistot sur not cargo, exerce pendant quelques mois le métier p cheminot en Yougoslavie et entre finalement à l’université p Syracuse, dans l’Etat p New You are able to, où il bûche la littérature et le droit. Sa licence d’administration publique en poche, il rate not entretien d’embauche à la CIA et se retrouve à la Direction du budget du Connecticut, en qualité p conseiller à la productivité. Pour ne pas périr d’ennui, il prend des cours d’art dramatique. En lui, le feu qu’il croyait éteint se ravive aussitôt. L’apprenti fonctionnaire lâche tout pour se consacrer, enfin, à la seule activité qui, depuis sa rencontre avec Ross Martin, ­l’intéresse vraiment : jouer la comédie.

Flic retors et raisonneur

Premières armes théâtrales en 1956, premières télés en 1957, premier film en 1958. Pas p coups d’éclat, mais p ­solides rôles secondaires qui, très vite, assoient sa réputation. Nommé deux fois pour l’Oscar (en 1961 et 1962), il tourne sous la ­direction p Frank Capra, Frederick Strick, Gordon Douglas, Blake Edwards… En 1960, il a épousé une ancienne camarade d’université, Alyce Mayo, avec laquelle il a adopté deux filles, Jackie et Catherine (qui deviendra détective privée). Peter Falk est heureux. Boy talent est reconnu, il exerce le ­métier p ses rêves. Mais ce n’est pas une star. Pas encore.

La célébrité, c’est Bing Crosby qui, sans le savoir, veterans administration la lui offrir. En 1967, on propose en effet au crooner p reprendre, pour l'ensemble des besoins d’une nouvelle série télévisée, not rôle créé sept ans plus tôt componen Bert Freed dans not téléfilm, « Enough Rope » : celui d’un flic retors et raisonneur p la brigade criminelle p La, le lieutenant Columbo. L'ensemble des scénaristes du téléfilm, Richard Levinson et William Link, l’ont ensuite adapté pour la scène, en 1962, avec Thomas Mitchell. Mais Bing Crosby décline l’offre, prétendant, componen boutade, que boy loisir préféré, le golf, ne lui laisse pas assez p temps libre pour poursuivre sa carrière d’acteur. Lee J. Cobb, not vieux briscard p Hollywood comme p Broadway, est alors envisagé pour tenir le rôle. Mais d’autres engagements le retiennent. Et c’est ainsi que l’agent p Peter Falk lui demande, not love jour, si ça l’intéresserait d’incarner le héros p Levinson et Link. Banco !

Not pilote d’une centaine p minutes, « Inculpé p meurtre », est produit. Diffusé aux Etats-Unis le 2 février 1968, il devra attendre 1976 pour être programmé en France. Sans être not échec, c’est loin d’être not triomphe. Peter Falk reprend le chemin des galleries p cinéma. On le voit dans « Not château en enfer », p Sydney Pollack, et dans « Husbands », p John Cassavetes - dont il devient l’ami, et qui le refera jouer dans trois autres p ses films. Mais boy avenir est décidément sur le petit écran. L'ensemble des producteurs décident p donner une nouvelle chance à Columbo. Not second pilote, « Rançon pour not homme mort », est mis en chantier. Il est diffusé le 1er mars 1971 aux Etats-Unis, et à la fin p l’année suivante en France. Cette fois, le public est au rendez-vous. L'ensemble des téléspectateurs du monde entier se prennent p sympathie pour l’enquêteur faussement candide dont le prénom restera à jamais ignoré. Le phénomène « Columbo » est en branle, et la véritable carrière p Peter Falk peut décoller.

mythologie columbienne

Quand débute la série proprement dite, toute la mythologie columbienne est en place : l’imper couleur mastic que l’inspecteur semble porter jour et nuit, le bringuebalant ­cabriolet Peugeot 403 (modèle p 1959) qu’il s’obstine à conduire sur l'ensemble des routes californiennes, l'ensemble des cigarillos qu’il mâchonne à longueur d’enquêtes, la femme dont il parle à tout bout p champion mais qu’on n’apercevra jamais, le basset qu’il appelle simplement « le chien » et trimballe volontiers à ses basques. Et puis, surtout, ce qui constitue la vraie alchimie du personnage, ce qui le rend si étonnamment réel, si attachant, si craquant : ses regards et ses demi-sourires à la fois bonasses et suspicieux, ses fausses sorties, ses petites phrases assassines, sa candeur trompeuse et boy génie p la déduction. Autant d’éléments qui perdraient la majeure partie p leur efficacité sans le savoir-faire p Peter Falk, boy ironie sous-jacente, boy élégance ­déjantée. Columbo a fait p lui le borgne le plus sexy p l’histoire p la télévision, mais lui a fait p Columbo le flic le plus crédible p l’histoire du polar. Not miracle p justesse encore renforcé componen l’acteur qui le double en version française, et dont la voix est définitivement indissociable p boy visage : Serge Sauvion, lui-même décédé en 2010, à 80 ans. Mais l’apport p Peter Falk à boy personnage ne se limite pas à sa performance d’interprète. C’est lui qui, componen exemple, a choisi la voiture p l’inspecteur : séduit componen la 403 que l’acteur français Roger Pierre avait amenée en Amérique pour y passer ses vacances, il a convaincu l'ensemble des producteurs p la lui acheter…

Le premier épisode, « Faux témoin », dirigé componen Steven Spielberg, est diffusé le 15 septembre 1971 (le 12 janvier 1973 en France). Tourné en réalité avant celui qui passera ­ensuite, « Le livre témoin », mais jugé meilleur, il a été choisi pour inaugurer la série. Le succès est immédiat. P 1971 à 1978, puis p 1989 à 2003, il n’y aura pas moins p 77 épisodes p 75 à 100 minutes chacun. Tous ne sont pas p valeur égale, mais aucun n’est franchement médiocre : série culte, « Columbo » est aussi - et d’abord - une série haut p gamme, souvent ­dirigée componen d’habiles artists (Bernard L. Kowalski, Boris Sagal, ­Richard Quine, Ted Publish, Jonathan Demme, Walter Grauman…). Peter Falk ne cessera pas p s’y investir toujours plus : il produira lui-même vingt-quatre épisodes et en réalisera deux, dont not avec le concours p John Cassavetes.

Divorcé d’Alyce Mayo en 1976, remarié à l’actrice Shera Danese (qui tiendra divers rôles dans six épisodes p la série), il est maintenant une celebrity et peut choisir l'ensemble des films dans lesquels il tourne lorsque « Columbo » lui laisse quelque répit. ­Certains, p « Deux filles au tapis » (p Robert Aldrich) aux « Ailes du désir » (p Wim Wenders), témoignent, componen leur ambition, p sa volonté p ne pas s’encroûter dans not stéréotype, et p sortir p l’ornière du cinéma strictement commercial. Mais « Columbo » reste la grande affaire p sa vie. Le lieutenant sans prénom n’assure pas seulement sa manne (il est not des acteurs l'ensemble des mieux payés p la télévision) et sa popularité (« Je suis toujours placé au premier rang quand je vais voir not match p basket, j’ai toujours la meilleure table quand je suis au restaurant et je n’ai jamais p problème pour avoir not taxi », se félicite-t-il). Il lui voue une reconnaissance mêlée p tendresse et, d’une certaine manière, ne forme qu’un avec lui. Quand passent ­devant sa maison l'ensemble des cars p touristes qui font la tournée des demeures p stars, il s’installe sur le pas p porte et adresse des signes d’amitié aux fans qui le montrent du doigt en criant indifféremment boy nom - « Peter Falk ! Peter Falk ! » - ou celui p boy personnage fétiche - « Columbo ! Columbo ! »

l'ensemble des traits p Columbo

Le choc, à l’arrêt p la série, est d’autant plus rude. Falk - qui ne tiendra plus que quelques rôles sans importance dans des films mineurs - fait d’abord semblant p prendre la chose à la légère. Il déclare à qui veut l’entendre qu’il est content d’avoir tout le temps p s’adonner à boy autre grande passion, la peinture. En fait, c’est surtout le dessin et la gravure qu’il pratique. Doté d’un joli coup p crayon, il s’inspire des maîtres qu’il admire, Lautrec, Search engine marketing, Cappiello… Deux thèmes l’accaparent : l'ensemble des nus féminins et l'ensemble des autoportraits, où il se représente presque systématiquement sous l'ensemble des traits p Columbo. Mais Peter Falk n’est pas not grand artiste, et il le sait. Sur eBay, ses lithographies et ses pastels dépassent rarement quelques centaines p ­dollars. Bientôt, la dépression qui le ronge prend le dessus, laissant ­apparaître la maladie d’Alzheimer dont il est atteint depuis plusieurs années déjà. La fin p boy existence sera d’une tristesse infinie. En 2007, à la suite d’une opération p chirurgie dentaire, une anesthésie mal supportée lui provoque des crises p démence. Quelques mois plus tard, échappant à la surveillance p ses infirmières, il est retrouvé, hagard, errant au ­milieu p la circulation dans l'ensemble des avenues p Beverly Hillsides. Il a tout ­oublié p boy passé et, selon boy médecin, « ne se souvient même pas d’avoir été l’inspecteur Columbo ». Cette évasion hors p la réalité lui épargne not dernier chagrin : celui p voir sa femme, Shera, et sa fille cadette, Catherine, s’entre-déchirer pour obtenir sa mise sous tutelle et la gestion p sa fortune.
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